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L’association etceterra a pour but de faire découvrir à un large public en Suisse Romande le potentiel de la terre crue dans l’architecture contemporaine. L’argile est un matériau naturellement présent en grande quantité dans la terre qui se trouve sous nos pieds. En la combinant avec d’autres matériaux naturels, on peut réaliser des bâtiments contemporains et durables aux bilans énergétique et social défiants toute concurrence. Sarah Hottinger, architecte EPFL et Romain Guerra, ingénieur HES ont lancé l’association etceterra en 2016. Tous deux se passionnent depuis plusieurs années pour les constructions écologiques et se sont spécialisés dans la terre crue en participant à plusieurs formations et chantiers participatifs en Europe.

  Une architecture contemporaine et écologique avec un matériau ancestral « Alors que l’on cherche des solutions technologiques aux problèmes énergétiques actuels, sous nos pieds se trouve de quoi y répondre de manière simple et naturelle. » Contraints par les normes en vigueur, les architectes et ingénieurs se concentrent sur la consommation énergétique des bâtiments. Il en résulte des édifices étanches comme des thermos, régulés par des machines compliquées. Malheureusement, on ne se soucie pas de l’énergie grise de ces ouvrages. Comme dans d’autres domaines, le retour à une certaine simplicité est nécessaire. A ce titre, la terre crue, peut devenir une solution de choix, comme en attestent des réalisations récentes en suisse romande. Loin de la simple cabane en torchis de nos ancêtres les lacustres, le bâtiment administratif ECO46 à Lausanne ou l’immeuble d’habitation DomaHabitare à Sainte-Croix ont su tirer parti du potentiel écologique et social de ce matériau. Construire avec la terre La terre minérale utilisée pour construire est située sous la couche de terre végétale. A l’heure actuelle, on paie pour mettre en décharge des tonnes de terre d’excavation, alors qu’elles pourraient être utilisées directement sur place pour construire. Murs porteurs en pisé, cloisons en briques, ou encore enduits de finition, les possibilités d’utilisation de l’argile dans un bâtiment sont multiples. Ses qualités esthétiques séduisent par son aspect sensoriel et sa beauté plastique. Tout comme le bois, un mur en terre donne envie d’être touché. Son aspect brut ou au contraire très lisse offre aux architectes de multiples possibilités d’expression. Avec son excellente inertie thermique, la masse de terre au cœur du bâtiment joue un rôle important sur le confort intérieur, en régulant température et humidité. C’est parce qu’elle « perspire », que l’argile se combine très bien avec d’autres matériaux naturels, notamment les isolants thermiques à base de fibres végétales. De plus, de tels murs ne dégagent aucune particule nocive pour les habitants et les ouvriers. Quel avenir pour la terre ? Les coûts des constructions en terre crue sont élevés en raison de la main d’œuvre importante qu’elles nécessitent. A l’heure actuelle, plusieurs voies se profilent pour diffuser son utilisation à plus large échelle. Tandis que des spécialistes développent des robots pour préfabriquer des murs en pisé, des chercheurs optimisent un mélange de terre coulée. D’autres projets n’attendent pas ces évolutions pour former les artisans et les citoyens en mettant sur pied des chantiers participatifs. Qui des artisans ou des industriels prendra en main le futur de ce matériau ? L’essentiel à retenir, est que son bilan énergétique est très faible, depuis sa mise en œuvre jusqu’à son recyclage. Cela en fait donc l’une des solutions les plus écologiques !                                                                Sarah Hottinger et Romain Guerra, etceterra.ch   (extrait de notre article paru dans ARCINFO le 24/04/18)